Plaisir Solitaire Collaboratif

Parfois, au détour des partages et discussions, certains me demandent pourquoi je ne poste pas toutes les photos de collaborations, en particulier celles des rencontres photos auxquelles je participe. 

J’ai plusieurs motivations à faire de la photographie, mais dans tous les cas, je fais de la photo d’abord pour moi. Il serait hypocrite de dire le contraire.

Je ne poste que les photos qui vont dans le sens de ce que j’aime et qui correspondent à la direction où je souhaite aller et progresser.  Sur les réseaux sociaux ou sur mon site personnel j’oriente donc mes publications afin de représenter ce que j’aime, et trouver des collaborations dans la direction où je souhaite investir du temps. 

Je prend beaucoup de plaisir à aboutir à quelque chose, en partant d’une première idée jusqu’au développement.

La photo ci-contre en est un bon exemple. J’ai pensé à cette photo par intermittence pendant deux semaines, comment faire tenir le lacet, quel couleur de liquide, quelle lumière je voulais, chercher le verre. Au studio j’ai apporté environ 5 options différentes et donc autant de combinaisons possibles.

La préparation du studio, réglage de la lumière, positionnement des caches, la lumière sur le fond, m’a pris une heure. Le modèle est arrivé, on a validé la lumière en étant habillé, mise à nu et prise de vue. Elle est restée 20 minutes, pas plus, l’objectif était de sortir une photo. Modèle partie, rangement, développement, une heure supplémentaire. 

Tout cet enchainement, la gestion de la création ainsi que l’aspect technique, c’est du plaisir pour moi.

Cependant au delà de cela, il y a effectivement la rencontre avec quelqu’un. 

C’est un loisir, pas de rémunération, pas de résultats contractuels. Les photos que je réalise sont donc produites avec des personnes qui ont le même plaisir à les faire, mais sous un autre angle. Ces rencontres sont une autre motivation. C’est extrêmement agréable et valorisant de créer quelque chose à deux, en collaborant, en cherchant, en essayant, même en se trompant, en insistant.  

C’est pour cela que je continue à faire quelques rencontres photos, le contact humain est très stimulant, et je me suis fait quelques amis dans ce cercle un peu foufou.

Donc même si je ne publie pas toutes les photos que je fais pendant les rencontres, j’espère que les personnes apprécient les moments passés ensemble et les photos que je leur livre de manière privée. Je souhaite simplement orienter moi-même ce que je veux représenter, et ce n’est absolument pas un jugement sur le résultat.

Les rencontres sont toujours une collaboration, mais un peu plus orientées pour le modèle en ce qui me concerne.

En studio les objectifs sont un peu différents, les modèles avec qui j’ai réalisé des collaborations récemment s’en sont rendu compte, il y a un thème principal pendant la séance, au cours de laquelle on réalise une photo pour moi et d’autres pour le modèle. C’est une collaboration, chacun doit y trouver ce qu’il recherche. De temps en temps les deux objectifs fusionnent, et là, c’est magique.

Alors, que je fasse des photos pour moi, pour le modèle, que je publie, que seul le modèle publie, etc. peu importe, tant que chacun y trouve son compte et que les choses soient claires dès le départ. 

Mon loisir photo, c’est un plaisir solitaire qui ne peut s’exercer qu’en collaboration. 

Alors merci à tout ceux et celles qui acceptent des collaborations avec moi.

Si ce que je produit vous intéresse n’hésitez pas une seconde à prendre contact.

Le déclenchement émotionnel

Une chose à noter pour le futur: ne pas essayer de faire de la photographie une activité lucrative.

Je n’ai pas le niveau, pas la qualité, pas la constance ni la cohérence nécessaire pour prétendre avoir une activité photographique, mais là n’est pas la question. Il y a quelque chose de beaucoup plus profond qui le rend voué à l’échec.

J’ai de nombreuses discussions autour de la pratique de la photographie. Une personne en particulier, m’a récemment fait m’interroger, pourquoi certaines séances étaient plus productives ? Pourquoi dans un cas nous créons de belles choses (sur mes critères complètements subjectifs) et dans d’autres rien n’est facile ?

Je réalise que je ne sais pas faire de photographies mécaniquement. Je n’arrive pas à réaliser une image froidement, sur des fondements uniquement techniques. Si je ne parviens pas à partager quelque chose, si la personne qui travaille avec moi ne m’offre rien, aucune émotion, aucune histoire, alors je n’arrive pas à échanger. Un tel manque me bloque et je suis incapable de réaliser quelque chose qui me plait.

Au fur et à mesure de mes rencontres, je le ressens de plus en plus et le contraste entre les situations est de plus en plus marqué.

Ainsi, je ne pourrais pas avoir une activité régulière, j’ai besoin d’avoir envie et de trouver du plaisir dans ce qui est réalisé grâce à nos échanges. Je ne serai jamais capable de m’obliger à avoir une activité dans la photographie.

Il y a quelques années j’ai suivi une formation en assertivité. Au cours de celle-ci nous avons été amenés à identifier nos canaux de communication prépondérants. Résultat, je suis principalement visuel et un peu kinesthésique. Alors forcément, pour des raisons évidentes, le côté kinesthésique est bloqué pendant les séances, mes échanges passent donc par le visuel – cela explique peut-être pourquoi je suis venu à la photo- j’ai besoin que la personne qui est avec moi utilise également ce canal.

Je sélectionne et sélectionnerai donc de plus en plus les projets et les personnes avec qui je fais de la photographie. Je souhaite réussir mes photographies, au vu de mes critères, et donc j’ai besoin de pouvoir établir cet échange. Je ne suis pas capable de le faire avec toutes les personnes, et pour un loisir, je ne peux y accorder qu’un temps limité.

Merci à cette personne qui compte beaucoup dans le décodage de ce ressenti, elle se reconnaîtra.